Les négociations entre le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC-M23) ont finalement repris cette semaine à Doha, au Qatar, après plusieurs reports.
Initialement prévues le 8 août, elles n’ont pu démarrer qu’après de nouveaux combats sur le terrain et sous la pression des États-Unis et du pays hôte.
Bertrand Bisimwa, président du M23 et coordinateur adjoint de l’AFC, a confirmé l’envoi d’une délégation réduite, composée uniquement de deux personnalités. « Ces représentants ont pour mandat exclusif de discuter des modalités du cessez-le-feu et de la mise en œuvre totale de l’accord de principe signé en juillet », a-t-il déclaré lors d’un point de presse le 22 août.
La délégation envoyée à Doha est formée de René Abandi et du colonel Dieudonné Padiri, deux figures habituées des processus de médiation. Leur mission est clairement définie : exiger la libération des prisonniers affiliés au mouvement et discuter des mécanismes pratiques pour un cessez-le-feu effectif.
Cependant, Kinshasa campe sur sa position. Pour le gouvernement congolais, la libération des prisonniers ne peut être envisagée qu’au terme d’un accord final et global, alors que l’AFC-M23 la considère comme un préalable non négociable à toute avancée.
Au-delà du cessez-le-feu, les discussions doivent également porter sur la consolidation de la Déclaration de principes signée le 19 juillet dernier, pierre angulaire vers un éventuel accord de paix durable. Un projet de texte préparé par la médiation est déjà sur la table, mais la méfiance entre les deux parties demeure vive.
Pour l’instant, rien n’indique que les positions se rapprochent. Le processus de Doha, censé ouvrir une nouvelle étape vers la paix dans l’Est de la RDC, reste suspendu à la capacité des deux camps de faire des concessions.
Patrick Kalume