Un signal fort dans les négociations de paix sur l’est de la RDC. Les ministres de l’Intérieur de la République démocratique du Congo et du Rwanda participent depuis ce début de semaine à un nouveau round de discussions entre Kinshasa et la coalition rebelle AFC/M23, sous la médiation du Qatar.
Selon les informations de RFI, Jacquemain Shabani pour la RDC et Vincent Biruta pour le Rwanda ont été conviés par le médiateur qatarien à rejoindre les pourparlers en cours à Doha. Leur présence, bien que qualifiée d’« observatrice » dans le cadre de l’accord de Washington signé le 27 juin dernier, symbolise un tournant dans les efforts diplomatiques déployés pour mettre fin à l’instabilité dans l’est du Congo.
Une pression internationale pour des engagements clairs
D’après des sources diplomatiques, cette participation ministérielle était souhaitée de longue date par les États-Unis. Washington, parrain de l’accord signé fin juin, pousse pour une implication plus active des États dans la mise en œuvre du processus de désescalade, de désarmement et de démobilisation des groupes armés opérant dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Le Qatar, qui joue un rôle de médiateur central, a également convié plusieurs garants de l’accord de Washington, notamment l’Union africaine, le Togo et les États-Unis, en tant qu’observateurs de haut niveau. Une configuration qui souligne l’importance stratégique et régionale du conflit congolais.
Un texte d’accord en discussion depuis mai
Selon les mêmes sources, les discussions portent actuellement sur les fondements politiques, sécuritaires et communautaires du conflit dans l’est de la RDC. Un projet d’accord avait déjà été présenté aux parties en mai par le Qatar, puis amendé à plusieurs reprises à la suite d’échanges intenses à Doha. L’objectif : faire converger les positions et poser les bases d’un accord de paix durable.
« La présence des ministres, à ce niveau, montre que les deux capitales ont compris la nécessité d’un engagement politique fort pour faire avancer les négociations », confie un diplomate africain proche du dossier.
Une étape décisive ?
Pour de nombreux observateurs, ce nouveau round est peut-être le plus crucial depuis la reprise des affrontements en 2022. Il ne s’agit plus seulement de discussions militaires, mais d’une négociation politique de haut niveau censée déboucher sur des garanties concrètes de désescalade.
Mais la réussite du processus reste suspendue au respect strict des engagements pris. « L’équation n’est pas seulement militaire, elle est aussi politique et régionale. Et sans volonté sincère de toutes les parties, aucun texte ne tiendra », avertit un expert régional.
Avec RFI